samedi 12 novembre 2011

Un jeu entre impression, imagination et interprétation








 
Piotr Wyrzykowski, Beta Nassau, 1993, vidéo, 8'46" (captures d'écran)

A game between impression, interpretation and imagination
Piotr Wyrkowski is a Polish artist born in 1968. His video Beta Nassau is on view at the gallery Apollonia. In this video we can see the port of Gdansk, then a boat passing in front of us in order that we can closely observe its hull. Damaged by the water, the hull is full of colors and appears as a succession of canvases – orange monochromes, submarine landscapes or abstract paintings. Through this video, Piotr Wyrkowski transports the spectator in his imagination.
 
 
Piotr Wyrkowski, artiste polonais contemporain participe à l’exposition E.cité à la galerie strasbourgeoise Apollonia. Cette année, c’est la ville polonaise de Gdansk, première ville portuaire du pays, qui est mise à l’honneur. Son travail Beta Nassau fait partie de la sélection d’art vidéo Le fardeau et la légèreté. Né en 1968, l’artiste utilise dans ses travaux performances, vidéo et installations. Diplômé en 1995 de l’académie des Beaux-Arts de Gdansk; il a étudié l’architecture, la peinture et les médias. Actifs dans différentes associations artistiques, il a également remporté le premier prix du festival WRO. Il vit et travaille dans la ville de Gdansk.
Sa vidéo Beta Nassau de 1993, commence par une vue sur un port, en plan rapproché, nous ne voyons que de l’eau, pendant une minute le spectateur observe le clapotis de cette mer calme. Apparait ensuite sur la droite de la vidéo un bateau, toujours filmé en plan rapproché, nous ne voyons qu’une partie de la coque. Piotr Wyrzykowski nous fait voir cette coque, il la filme lentement, nous montrant ainsi tous ses aspects. Les endroits où elle est abimée par l’eau apparaissent comme des tableaux aux couleurs flamboyantes. Ce bateau avance devant la caméra, il nous présente sa coque sur toute son étendue, comme une longue fresque. Elle défile comme le temps qui passe devant nous. La coque au départ de couleur bleue est marquée par la rouille, abimée par ses voyages en mer, elle met en avant, par endroit, des rouges et oranges éclatants, ces couleurs apparaissent ici comme les stigmates du temps passé. Ce bateau défile devant la caméra nous montrant comme une succession de toiles, on y voit des « tableaux » abstraits marqués par des éclats orange vifs, des paysages sous-marins ou encore des monochromes oranges. Le travail de Piotr Wyrzykowski est accompagné d’une musique intrigante, nous rappelant les bruits étouffés que l’on entend lorsque l’on est sous l’eau, ce qui apporte une atmosphère particulière et offre une ambiance spéciale au spectateur, car si l’on regarde la vidéo sans connaitre ses débuts, il est difficile de reconnaitre ce que l’on y voit et de savoir qu’il s’agit d’une coque. La vidéo Beta Nassau se termine en nous montrant l’arrière du bateau, lorsqu’il passe devant nous, la lumière s’assombrit et nous retrouvons le paysage de départ, ce plan sur cette mer calme. Piotr Wyrzykowski, à travers cette vidéo, transporte le spectateur et son imagination, chacun peut se plaire à imaginer et inventer ce qu’il y voit. 
Hélène Grandemange.

vendredi 11 novembre 2011

La lumière aveugle

Wojciech Zamiara, Je ne sais pas, 1992/1993, vidéo, 2’16", captures d'écran

Wojciech Zamiara is a Polish artist born in 1960. His practice ranges from performance to video. He is currently a researcher and professor at Gdansk. The artist points to a number of concerns relating to culture, history and man.
In the video
I don’t know, he wonders about the world of reflection and the events of Polish history. The artist strikes without obvious answers to a problem. Light, in response, is blinding. After the
Germano-Soviet war and the collapse of communism, the collective memory and independence are finally advances into the unknown.


S’il est invité aujourd’hui à Strasbourg pour l’exposition « e.cité - Gdansk », c'est parce que Wojciech Zamiara est un artiste polonais qui a su étendre sa pratique artistique à des champs interdisciplinaires tels que la performance et la vidéo. Né en 1960, chercheur à l’université, il anime également des ateliers à l’Académie des Beaux Arts de Gdansk. L’endroit où il a d’ailleurs étudié.

Sur petit écran nous découvrons trois réalisations de l’artiste. Pointant chacune du doigt une préoccupation différente se rapportant à la culture, à l’Histoire mais également à l’Homme, elles sont invraisemblablement remplies de sens commun. Avec peu de moyens, l’artiste, dans Je ne sais pas, nous interroge sur ce que nous ne savons pas faire. Également sur ce que nous ne savons pas. Sur ce qui en résulte, ce que nous ne pouvons pas solutionner.

Devant nous une pierre. Un bruit surgit. A partir de cet élément déclencheur, l’acte commence. Zamiara, toujours devant l’écran, cogne la surface de l’objet avec sa tête. Il la pousse jusqu’à ce qu’elle tombe et nous laisse découvrir la lumière. Ce geste simple n’est pas dénué de sens. Il y a une certaine violence. Un peu à l’image d’une réponse à une idée que l’on chercherait, cette performance filmée interroge aussi bien le monde de la réflexion qu’elle revient sur les évènements de l’Histoire polonaise. L’artiste se frappe sans réponses évidentes à un problème. La lumière, en réponse, devient aveuglante.

Réalisée en 1992/1993, au-delà de son dessein réflexif sur la notion d’idée, la pièce va plus loin. Elle raconte une histoire de la Pologne. Quel avenir entrevoir après les hostilités germano-soviétiques de la seconde guerre mondiale ? L’effondrement du régime communiste ne date que d’un peu plus d’une vingtaine d’année. La mémoire collective doit trouver de nouveaux moyens d’évoluer autrement. L’indépendance, finalement, est une avancée vers l’inconnu. Cette visée politique ne peut être qu’entre perçue durant ces 2 minutes 16 pour un public qui ne connaît pas forcément l’histoire de ce pays. C’est quand même ce qui reste le plus chargé de sens. Ce qui reste à l’esprit.


Julie Noël